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Ce blog vous invite à découvrir plus amplement l'approche innovante de la méthode SCRIPT-ACTION.
Chaque semaine, de nouveaux articles vous offrent des réflexions sur des sujets qui ont trait avec les démarches d'épanouissement personnel durable de cette méthode. Quelques astuces, conseils, suggestions émaillent ces chroniques pour enrichir votre pratique d'Ecriture Active.
Votre Vie est un vaste jardin : à vous de le cultiver pour l'embellir de jour en jour...

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LE BLOG DE LA METHODE SCRIPT-ACTION

Dimanche 13 juillet 2008

 

Une nouvelle porte ouverte à enfoncer dans le domaine de la formation et plus globalement dans tout acte de transfert de savoirs, de savoir-faire et/ou de savoir-être : la personne qui accepte de prendre le rôle d'enseignant(e) délivre à ses élèves ses connaissances, ses expériences, son vécu, bref, tout ce qui fait qu'elle occupe légitimement sa place dans la relation de formation. La notion d'exemplarité semble être indissociable de l'acte de transfert pédagogique. Pour illustrer ces propos, prenons deux exemples  de formation dans le domaine commercial.

 

Premier cas de figure : la formation est assurée par un véritable commercial. Sa carrière a débuté par du porte-à-porte auprès de particuliers puis s'est poursuivie dans la vente auprès d'entreprises. Sa carrière s'est ensuite orientée vers un rôle de commercial grands comptes puis de responsable export avant d'occuper un poste de directeur commercial. Au vu de ce curriculum vitae rapide qui retrace près de 20 ans d'activités commerciales, nous pouvons constater que cette personne s'avère parfaitement légitime pour jouer le rôle d'enseignant pour animer une session de formation dans ce domaine. Certes, la technique pédogogique est parfois un peu hésitante (formateur est un vrai métier à part entière) mais les nombreuses illustrations vécues viennent captiver de bout en bout l'auditoire.

Deuxième cas de figure : la formation est assurée par un consultant-formateur dont la majeure partie de sa carrière a surtout consisté à animer des stages de formation dans divers domaines, y compris dans ceux qu'il n'a jamais pratiqué lui-même. La conception pédagogique est irréprochable, toutes les astuces du métier sont bien présentes et les thèmes s'enchaînent les uns par rapport aux autres avec un tempo bien maîtrisé. Les illustrations apportées témoignent d'un passé de formateur mais non d'une personne de terrain dans le domaine commercial. Faute d'avoir un contenu expérienciel, les points abordés traînent un peu en longueur pour faire participer le groupe d'élèves.

Deux cas de figure, deux situations qui témoignent bien de ce que l'on peut parfois observer dans le secteur de la formation pour adultes. D'un côté, un expert qui, certes, à des progrès à faire en matière de techniques pédagogiques mais qui est en mesure de transmettre un réel savoir. D'un autre côté, un professionnel de la formation qui maîtrise fort bien son métier mais dont le contenu de formation est un peu pauvre. Nul besoin d'être grand clerc pour deviner celui des deux dont on se souviendra une fois la formation terminée. De même, inutile de préciser quel formateur aura le plus d'impact sur les élèves qui, une fois revenu(e)s dans leur quotidien, mettront en application les recommandations dispensées durant la formation.

 

Ici se trouve l'un des problèmes récurrents de la formation : la nécessité d'expertise. Dans diverses cultures asiatiques, au Japon notamment, celui/celle qui enseigne est celui/celle qui a démontré sa parfaite maîtrise de la discipline qu'il/elle enseigne. Plus près de nous, si nous prenons en considération le compagnonage, les apprentis effectuent leur tour de France pour aller rechercher le savoir et le savoir-faire de maîtres qui excellent dans leur art (il s'agit véritablement d'art à ce niveau). Il arrive malheureusement (trop souvent ?) que l'on se retrouve face à quelques formateurs/formatrices qui n'ont qu'une connaissance livresque de ce qu'ils/elles enseignent. Pour certaines disciplines, cela est peut-être suffisant mais pour une grande majorité de domaines d'apprentissage, cela s'avère bien trop superficiel.

 

L'acte de transmission d'un savoir, d'un savoir-faire et/ou d'un savoir-être ne prend véritablement sa valeur que lorsqu'il est réalisé par un(e) expert(e) dans le domaine abordé. Il/elle est alors en mesure de passer le relais à quelqu'un d'autre qui aura alors en sa possession toutes les clés pour maîtriser à son tour ce domaine spécifique.

par James BROSSEAU publié dans : EDUCATION-APPRENTISSAGE
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Dimanche 6 juillet 2008

 

Parmi les 5 axes fondamentaux de notre profil de personnalité, nous avons celui de la dimension opérationnelle. Cet axe a pour objet de décrire la manière dont nous agissons pour réaliser toutes nos activités qu'elles soient professionnelles ou non. Plus précisément, l'axe opérationnel nous aide à répertorier nos caractéristiques personnelles quant à nos modes opératoires pour réaliser des actions concrètes (qui n'ont donc rien à voir avec nos modes de fonctionnement intellectuel précédemment abordés). Nous parlons alors de savoir-faire, de technicité, de maîtrise opérationnelle, etc.

 

Notre manière personnelle d'agir peut être établie à partir des 20 caractéristiques suivantes :

 

AUTONOMIE

EFFICACITE

PERSEVERANCE

HABILETE

RAPIDITE

ORGANISATION

EXIGENCE

ADAPTABILITE

PLANIFICATION

REACTIVITE

REGULARITE

VIGILANCE

PRISE D'INITIATIVE

CHALLENGE

IMPLICATION

POLYVALENCE

DYNAMISME

COMPETENCE

FIABILITE

RIGUEUR

 

 

Nous retrouvons ces 20 caractéristiques dans l'outil n°2 de la méthode SCRIPT-ACTION qui sert à établir le profil de personnalité. Cet outil est en téléchargement libre sur le site www.methode-script-action.com dont vous avez le lien ci-contre. Cet outil permet de faire ressortir nos caractéristiques opérationnelles pour avoir une représentation précise de nos points forts et de nos points faibles. C'est à partir de ces premiers résultats que nous pouvons ensuite nous inscrire dans une démarche de gestion de stress entièrement personnalisée et adaptée au cas spécifique de chacun(e) d'entre nous.

par James BROSSEAU publié dans : PSYCHOLOGIE
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Dimanche 29 juin 2008
 

Tout au long de l'histoire de l'Humanité, de nombreuses personnes célèbres s'y sont adonnées parmi lesquelles Leonard de VINCI qui semble avoir transcendé son oeuvre en tenant son journal personnel ou bien Marco POLO dont les écrits sont de véritables invitations au voyage.

Depuis plusieurs années, la pratique du journal intime (je préfère en l'occurence le terme de « journal personnel ») connaît un regain d'intérêt aux Etats Unis et au Canada (en France, l'impulsion est donnée par l'explosion de la blogosphère). Voici deux sites qui sont de véritables références pour vous aider à rédiger votre propre journal. Celui en anglais est alimenté par LA spécialiste de référence aux Etats Unis qui a redonné ses lettres de noblesse à cette activité régulière (quotidienne pour les plus fervent(e)s adeptes).

http://journalintime.com/archives/sites/intimiste/guerir.htm


http://www.journaltherapy.com/

Bonne découverte à vous.

par James BROSSEAU publié dans : ECRITURE
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Dimanche 22 juin 2008

 

La méthode SCRIPT-ACTION conduit celles et ceux qui la pratiquent à s'inscrire rapidement dans une démarche d'épanouissement personnel durable. Elle le permet d'autant plus facilement qu'elle s'appuie sur des objectifs de Vie pour nous aider à mettre du sens dans chacune de vos expériences de Vie. Mieux encore, ils nous aident à construire notre progression jour après jour. C'est en cela que la démarche devienne durable car tout ce que nous faisons nous aide à avancer vers ce que nous souhaitons obtenir. Ces objectifs de Vie se répartissent en 3 dimensions : AVOIR – FAIRE – ETRE. Ils se déclinent également sur un axe temporel proposant 3 modalités : COURT TERME – MOYEN TERME – LONG TERME. De nombreux conseils délivrés dans la méthode SCRIPT-ACTION permettent d'établir ces objectifs de Vie avec un soucis de réalisme et d'équilibre. Ils alimentent systématiquement nos motivations pour nous aider à nous engager dans l'action pour les atteindre et nous combler de satisfaction.

 

Un point important néanmoins : que ce soit au niveau des objectifs de Vie ou bien de tous les concepts développés et utilisés, la méthode SCRIPT-ACTION ne prône jamais le culte de la performance. Les résultats (et plus précisément la réussite) sont de moindre importance comparés à la notion de progression qui, en revanche, s'avère être primordiale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle est beaucoup plus motivante et qu'il n'existe pas d'échec dans la logique de progression. En effet, même si nous ne réussissons pas dans ce que nous entreprenons, nous pouvons nous servir de nos expériences malheureuses pour apprendre (par exemple : ne plus commettre les mêmes erreurs à l'avenir). Nous progressons quoiqu'il se passe. CQFD. La pression de la perfection et de la réussite à tout prix écartée, nous sommes beaucoup ouverts et enclins à agir plutôt que de rester cloîtrer dans nos peurs qui nous engluent dans les processus de passivité (cf. l'extrait à télécharger librement sur le site de la méthode SCRIPT-ACTION dans la rubrique « sommaire »). La passivité reste la seule forme d'échec dans la démarche d'épanouissement personnel durable. Toute expérience de Vie est un matériaux à exploiter avec la méthode SCRIPT-ACTION pour en faire à chaque fois un nouveau levier de progression personnelle.

 

L'objectif de Vie donne un point d'arrivée. Nous nous donnons un laps de temps de manière à ce que cette démarche ne se transforme pas en voeu pieux. Remettre nos actions à une date ultérieure finit toujours tôt ou tard par nous les faire oublier en cours de route. Pour autant, la dimension temps ne se transforme pas en contrainte, loin de là. Elle ne nous donne qu'une indication tout comme le but à atteindre. Comme pour nous rendre d'un lieu à un autre, les chemins sont nombreux. A nous de transformer notre chemin en promenade de santé et non en parcours du combattant. La différence est de taille. La promenade de santé nous procure du bien-être à la différence du parcours du combattant que est pénible et exige des efforts soutenus (et quand, en plus, nous rajoutons des obligations de réussites, imaginez l'impact de la frustration lorsque le succès n'est pas au rendez-vous... Ne parlons pas de démotivation, c'est encore pire !). La promenade de santé peut nous emmener dans des sentiers que nous n'avions pas envisagés. Restons ouverts en sachant lâcher prise de temps à autre pour mieux accueillir les opportunités qui se présentent. Cette attitude d'ouverture nous offre la possibilité d'en saisir bien davantage contrairement à la focalisation rigide sur un chemin que nous avons pré-déterminé à l'avance. Dans ce cas, notre entêtement risque même de transformer notre évolution en parcours du combattant. Une observation que j'ai relevée à de très nombreuses reprises au cours de mes diverses expériences professionnelles : lorsqu'une personne parvient à définir des objectifs de Vie, les opportunités pour les atteindre se multiplient. Certain(e)s y voient la marque du destin, d'autres l'attribuent à leur bonne étoile. Je ne crois pas au hasard. Je considère au contraire que nous sommes en capacité de créer des opportunités dès lors que nous nous engageons dans l'action pour atteindre un but. Dans un jardin, il est impossible de récolter quelque chose si nous n'y semons rien. Les opportunités sont bien moins nombreuses lorsque nous nous cantonnons dans la passivité (et encore moins lorsque nous nous lamentons sur notre sort : « Ah ! Si seulement j'avais... », « Ah ! Si seulement je pouvais... », etc.). Quel manque de vaine (ou de graines) ! Comme nous sommes toujours libres de faire des choix, nos choix, il ne tient qu'à nous de faire ceux qui conduira notre entourage à dire « Comme vous avez de la chance... ».

par James BROSSEAU publié dans : EPANOUISSEMENT PERSONNEL DURABLE
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Mercredi 11 juin 2008

 

Les négociations sont ouvertes depuis le 07/04/08 entre les partenaires sociaux et différents acteurs concernés pour transcrire en droit français l'accord-cadre européen de 2004 sur la détection et la prévention du stress au travail. Le 05 juin dernier, un titre évocateur et plein d'optimisme indiquait « Négociation constructive » à la une des Echos. Mais en lisant un peu l'article, ô stupeur, nous pouvons lire que cette équipe de travail n'a toujours pas défini ce à quoi correspond la notion de stress. On croit rêver : deux mois de discussion pour ne pas se mettre d'accord sur la définition même d'un syndrôme connu et étudié depuis fort longtemps. C'est un peu comme si vous aviez un bâteau (le projet en lui-même) en partance d'Ushuaia (ville bien connue désormais grâce à la célèbre émission éponyme animée par Nicolas HULOT – petite ville isolée, au climat rude et peu hospitalier, fréquentée seulement par des marins chevronnés un peu téméraires, bref, une illustration idéale pour décrire la situation de la gestion du stress dans nos entreprises aujourd'hui en France) pour rejoindre Brest. Pourquoi Brest ? Pourquoi pas. Au moins, ça se rapproche un peu de nous. Nous voici donc dans un bâteau (non pas une galère, pas encore) où l'on peut retrouver tout notre petit monde cité ci-dessus : instances représentatives des principaux syndicats, du patronat et quelques structures directement concernées par le sujet (ANDRH, ANACT, INRS, 2 ou 3 psychiatres, des spécialistes en organisation, etc.).

 

Soudain, le capitaine du navire (à supposer qu'il y en ait véritablement un) vient voir tout le monde en disant:

 

Capitaine : Je suis désolé, nous ne pouvons pas partir. Nous ne parvenons pas à démarrer le moteur, nous n'avons plus d'allumage (l'allumage correspondant peu ou prou à l'éléboration de la définition du stress). Ce que je vous propose, c'est que parmi vous, il y ait des volontaires pour se mettre à l'eau pour pousser notre embarcation. On va passer la seconde et dès que l'on aura atteint une vitesse suffisante, on mettra en prise mais il faudra pousser plus vite (j'espère qu'à ce niveau de l'histoire, personne n'est dupe sur la solution trouvée : démarrer une voiture en passant la seconde, passe encore, mais un bâteau... C'est bien là l'avantage de l'absurde, puisqu'on semble y être avec ce démarrage des négociations, amplifions quelque peu cette orientation).

 

Tout le monde acquiesce et applaudit à la solution trouvée pour pouvoir enfin larguer les amarres et prendre le large. Sauf qu'il faut maintenant trouver des volontaires pour aller à l'eau (pas chaude de surcroît). Avec une vitesse déconcertante, voici nommés en quelques minutes par les responsables des instances représentatives, tout un ensemble de petites mains (en l'occurence plutôt des petites jambes) à qui on a bien vendu l'idée qu'il s'agissait d'une mission importante qui compterait pour la suite de leur carrière au sein du mouvement. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, notre bataillon de petites mains se retrouve en tenue de plongée, palmes aux pieds et prêts à se jeter à l'eau (sans jeu de mot cette fois-ci).

La dernière volontaire passée par dessus bord (non sans réticence car souffrant d'une peur panique de l'eau), Bernard ne peut s'empêcher, réflexe syndical oblige, de proposer :

 

Bernard : Je pense qu'il faudrait qu'on envisage une prime de palme pour ces travailleurs, comme il existe des primes de chaussures. Ils participent activement à l'avancée collective.

 

Sylvain, un représentant d'un autre syndicat, n'ayant pas tout bien entendu, le reprend avec aplomb :

 

Sylvain : Je ne crois pas que ce soit le moment de nous disperser. Nous avons décidé de nous rendre à Brest, ne commençons pas à vouloir changer de cap pour aller à Cannes. D'ailleurs, le festival est fini depuis longtemps et il n'est pas honnête de faire des promesses que nous ne serons pas en mesure de tenir. Et d'abord, la palme n'est pas une prime, c'est un prix. Il n'y a pas d'argent à gagner. Nous pourrons tout aussi bien marquer le coup à Brest sans avoir besoin de passer par Cannes.

 

Jacqueline, la collègue de Sylvain, lui glisse à l'oreille :

 

Jacqueline : Moi, j'y serai bien allé à Cannes. Tu y es allé, toi, cette année ?

 

Sylvain se tourne vers Jacqueline en lui répondant à voix basse :

 

Sylvain : Bien sûr, comme tous les ans. Cette année, on a trouvé un petit terrain de camping à 55 kms seulement de Cannes. Nous étions dans un petit bungalow avec de l'eau chaude tous les jours, à trois blocs des sanitaires et deux blocs de la barraque à frites. Avec ma femme, on a passé 15-jours-de-rêve !

 

Jacqueline : Et alors ? T'as vu des stars ?

 

Sylvain : Plein ! Tous les jours des nouvelles ! J'ai pris au moins 200 photos en 15 jours, de-la-folie ! On a même acheté Gala et Voici pour savoir qui on avait pris en photo.

 

Jacqueline : Ouahhh ! Super ! Ta passion pour le cinéma m'émerveille toujours. Tu y vas combien de fois par an ?

 

Sylvain : Entre 3 et 4 fois. Tu sais, avec les enfants, ça revient plutôt cher. Ca va parce que le CE se débrouille pour nous avoir des prix, sinon ce serait un luxe hors de notre portée.

 

Sylvain se met à rire en se rémémorant un épisode de son escapade cannoise :

 

Sylvain : Au fait, je t'ai pas dit : Le deuxième ou le troisième jour, je ne sais plus, il y avait un gros 4X4 de nanti garé bien en évidence à quelques pas du palais. Je suis monté sur le toit pour prendre des photos. La vue était géniale. Au passage, je lui ai fait un remake de l'avenue des stars à Hollywood. Il a les empreintes de mes Adidas bien inscrustées sur son toit.

 

Jacqueline : J'espère que tu n'as pas signé de ton nom ? Demande-t-elle avec un brun d'ironie et le regard espiègle.

 

Sylvain : Non, et c'est là le plus drôle. Avec ma clé de bungalow, plutôt que de dessiner une étoile, j'ai déssiné une enclume et je l'ai signée Bernard D. Syndicaliste.

 

Jacqueline : Pourquoi une enclume ?

 

Sylvain : Je le trouve un peu lourd Bernard, pas toi ? Lui adresse-t-il le regard complice.

 

Le couple de se met à rire à gorge déployée. Voyant la scène sans pouvoir entendre les paroles échangées par Sylvain et Jacqueline, Bernard s'adresse à son adjoint.

 

Bernard : Tu vois Maurice, je suis sûr qu'ils sont en train de se foutre de moi. J'ai bien compris la petite allusion avec la canne. Ca fait 15 jours que je boite et il ne trouve rien de mieux que de se moquer de moi.

 

Maurice : Oui, au fait, je l'ai remarqué aussi. Qu'est ce qui t'est arrivé ?

 

Bernard : C'était à Limoges lors de la dernière manif.

 

Maurice : Qu'est-ce qui s'est passé ?

 

Bernard : J'avais demandé à prendre une tête de manif ; tu comprends avec mes nouvelles responsabilités, il faut quand même que j'assure mon rang. Il ne restait plus que Limoges. Toutes les autres têtes de manif étaient prises. Je me suis rabattu sur Limoges un peu contraint et forcé. Mais faut savoir ce qu'on veut dans la vie, pas vrai ?

 

Maurice acquiesce d'un signe de la tête.

 

Bernard : Sauf qu'à Limoges, y avait pas un journaliste. Jamais là quand on a besoin d'eux, ceux-là, dit-il avec amertume.

 

Maurice : Je ne vois pas le lien entre les journalistes, la manif et ta jambe.

 

Bernard : C'est simple : quand il n'y pas de journalistes, les forces de l'ordre ont moins de scrupules à charger.

 

Le regard un peu triste, il poursuit :

 

Bernard : Il ne se passait pas grand'chose dans la manif. Quitte à être en tête de manif, j'ai pris l'initiative pour créer l'événement, faire que ça bouge un peu et j'ai alors crié « Direction la Préfecture, allez tous à la Préfecture ».

 

Après quelques instants de silence et voyant le regard étonné de Maurice.

 

Bernard : C'était pas prévu dans le parcours. Les forces de l'ordre ne l'ont pas bien pris et surtout n'ont pas voulu le comprendre. Ils ont chargé. Et quand ils chargent, c'est les 3 premiers rang de la manif qui trinquent. On a eu une clavicule de cassée, un nez fracturé et moi ma jambe.

 

Maurice : Dur...

 

Bernard : Comme tu dis. Ils m'ont pris pour le meneur. Y en a 2 qui sont venus avec leur bâton, tu sais celui avec une poignée sur le côté.

 

Maurice : Un tonfa.

 

Bernard : DO-FA ?! (encore un qui ne connaît rien à la musique de Police).

 

Maurice : Non, ton-fa, s'applique-t-il en articulant distinctement.

 

Bernard : Oui, enfin peu importe : ils m'ont roué de coups et j'en ai pris une bonne série sur la jambe droite. Depuis je boite. Alors quand je vois ces imbéciles qui se permettent de plaisanter avec ça, et ben moi, ça me révolte.

 

Maurice : J'te comprends. Pour moi ce serait pareille.

 

Bernard : Aaaaahhhh, y veulent faire de l'esprit ! Eh ben je vais leur en donner l'occasion. Je vais leur mettre un vote barrage à toutes leurs propositions sur ce coup-là, dit-il le menton avancé en direction de Sylvain et Jacqueline. Un mur qui vont avoir en face d'eux. Et c'est pas une canne qui leur faudra pour passer par-dessus, c'est une PERCHE, dit-il d'un ton sec et bien appuyé. Je vais te les mettre au régime Galfione pour toute la traversée. On verra bien s'ils vont continuer à faire les malins après ça. J'te leur en donnerais moi des cannes, bande de minus.

 

C'est alors que, surgis de nul part, se retrouvent sur le pont une équipe de DRH, de réprésentants d'ANACT, de l'INRS et 2 ou 3 psychiatres un peu perdus, en bleu de travail, les vêtements et le visage noircis par différentes substances grasses de mécanique (normal, ils sont directement sur le terrain). L'un d'eux prend la parole :

 

Mécano 1 : On peut vous proposer de mettre le moteur en route en le lançant à la main (ce qui reviendrait, dans la vraie situation à envisager le problème sous l'angle des personnes souffrant de stress et non en fonction des forces en présence dans cette négociation).

 

Une autre syndicaliste appartenant à un troisième mouvement prend la parole :

 

Murielle : Là, je pense que ce n'est vraiment pas une bonne idée. C'est déjà assez compliqué comme ça. Inutile d'en rajouter. Nous gérons déjà parfaitement la situation.

 

Bernard : Je suis d'accord.

 

Jacqueline : Merci les gars mais vous allez nous être plus utiles en huilant et graissant le moteur pour pas qu'il « tousse » et s'arrête dès le démarrage (c'est vrai qu'un peu de fluidifiant de communication, ça aide bien pour que le moteur ne cale pas en cours de route). Super ! C'est gentil tout de même d'y avoir pensé, dit-elle en levant les deux pouces pour tenter de délivrer un signe de reconnaissance positif. Mais nous avons la situation bien en main. Pas vrai les collègues ?

 

Et toutes les instances syndicales d'acquiescer ensemble pour se débarrasser au plus vite de ces empêcheurs de tourner en rond.

 

Alors que le petit groupe, déçu de se voir remercié si rapidement, repart tête baissée à fond de cale où se trouve les machines, surgissent deux hommes habillés de vêtements qui trahissent à la fois leur position sociale et leur aisance financière. Avec une bonne heure de retard, ils arrivent sur le bâteau et se frayent un passage pour rejoindre leurs interlocuteurs privilégiés. Il prennent bien soin de ne pas entrer en contact avec les membres de l'équipe de « mécanos » afin de ne pas se salir et conserver ainsi leur image soignée. L'un d'eux s'adresse au capitaine.

 

Charles-Henri : On m'a dit qu'il y avait un problème avec la seconde. De quoi se plaignent-ils ? S'ils voulaient voyager en première, ils n'avaient qu'à travailler davantage. Ils le connaissent pourtant par coeur le slogan : « Travailler plus pour gagner plus ». Ca nous coûte assez cher comme ça. Se retournant vers son acolyte, il ajoute : De toute façon, c'est toujours les mêmes qui payent et toujours les mêmes qui ne sont jamais contents de tous les efforts que nous faisons.

 

Sylvain le reprend aussitôt :

 

Sylvain : Oui, mais ça ne vous a pas coûté bien cher ces dernières années. Vous en avez bien profité sans que ça vous coûte un rond !

 

Charles-Henri : Vous voyez, s'adressant à Sylvain, il est là votre problème : vous polémiquez sur tout.

 

Sylvain : Et quoi ?! Finissez au moins votre phrase. Allez jusqu'au fond de votre pensée.

 

Charles-Henri : Je viens de le faire, je ne vois pas ce que vous voulez de plus.

 

Sylvain : Vous venez de me dire que « moi, Paul et Mickey surtout » et vous ne finissez pas votre phrase. Vous, votre problème, c'est de ne jamais dire les choses clairement. On ne sait jamais à quoi s'en tenir avec vous. Si vous étiez plus clairs dans vos explications, ça simplifierait la vie de tout le monde sur ce bâteau.

 

Les deux nouveaux arrivants se regardent ébahis sans savoir quoi répondre.

 

Jacqueline glisse à voix basse à Sylvain.

 

Jacqueline : Je crois que là, tu les as bien scotchés. Regarde, ils ne savent plus quoi dire. Bien Sylvain, c'est un bon début, le félicite-t-elle avec une tape amicale dans le dos.

 

Sylvain : Oui, je m'échauffe un peu. C'est important de toujours bien s'échauffer avant une traversée (une négociation dans la vraie situation) comme celle-ci. Un manque d'échauffement et on risque non seulement d'obtenir des résultats mais pire encore, on risque de plomber notre image de syndicaliste.

 

Jacqueline : Tu as raison. Ce serait vraiment bête.

 

Nos deux nouveaux compères s'éloignent un peu pour pouvoir discuter tranquillement.

 

Charles-Henri : Je trouve que tu ne m'aides pas beaucoup sur ce coup là, Jean-Eudes. Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment chez toi. Je te sens absent. As-tu des problèmes dont nous pourrions parler ?

 

Jean-Eudes : Non... Pas vraiment... lâche-t-il avec hésitation.

 

Charles-Henri : Aux deux dernières réunions au siège, tu n'es même pas venu. Il y avait Alexandra qui revenait des Maldives. Elle avait une mine superbe. Elle a d'ailleurs demandé de tes nouvelles.

 

Jean-Eudes : Mais n'y est-elle pas déjà allée aux Maldives cette année ?

 

Charles-Henri : Non, tu confonds avec Marie-Bénédicte. Tu vois, tu ne suis plus rien. Je suis inquiet. Les autres vont finir pas se poser des questions, dit-il le regard de plus en plus inquiet.

 

Jean-Eudes : Oui, je sais, ce n'est pas bien, mais j'avais beaucoup de boulot ces derniers temps, dit-il l'air embarrassé.

 

Charles-Henri : Quoi ? Comment ça ? Le reprend-il d'un ton sec et en fronçant les sourcils.

 

Jean-Eudes : Oui... hésite-t-il prenant conscience de la gêne qu'il venait de provoquer chez son interlocuteur. J'ai des problèmes avec cette résidence secondaire que nous faisons construire à Courchevel. Les travaux n'avancent pas. Ils viennent de me dire que la piscine intérieure n'est pas aux normes, il faut en concevoir une plus petite. Et puis ils ne veulent pas qu'on abatte les arbres pour dégager la vue sur la montagne. Que des tracas. Et puis tu sais ce que c'est : quand on ne fait pas soi-même, rien n'avance. Alors je fais sans cesse des aller-retours sur Courchevel pour superviser tout ça.

 

Charles-Henri : Tu me rassures, dit-il avec un soupir de soulagement. Si ce n'est que ça, il suffit juste que tu nous le dises et puis nous n'en parlerons plus. Nous avons tous nos moments de faiblesse, lance-t-il en s'esclaffant et en se renvoyant en arrière.

 

Jean-Eudes fait de même en forçant un peu son rire (passe encore pour une bourde mais attention de ne pas en commettre une deuxième d'afillée). Il se met à l'arrière du bâteau et arrangue les petites mains qui tentent de faire prendre de la vitesse au bâteau en battant des pieds (les connaisseurs apprécieront : les petites mains qui battent des pieds...).

 

Jean-Eudes : Bon ! Oh ! S'écrit-il. Va falloir prendre un peu de vitesse, là, hein ? Plus grands les battements, je vois pas d'écume derrière. Allez hop, hop, hop, leur crie-t-il en indiquant bras tendus le rythme qu'il souhaite qu'ils prennent. C'est pas vrai ça ! Si on ne surveille pas, rien ne se fait correctement, lance-t-il à qui veut bien l'entendre.

 

Charles-Henri : Je te retrouve enfin. Tu m'as fait peur tout à l'heure, lui dit-il avec un large sourire au plaisir de retrouver l'image du collègue qui lui est familière.

 

Après avoir jeté un oeil au changement de rythme des nageurs d'infortune, il reprend:

 

Charles-Henri : Tu sais, il faut que tu fasses plus attention à ce que tu dis. Ce que tu as dit tout à l'heure, ça pourrait être mal interprété au siège. Il y en a qui prendrait ce genre de réponse pour de l'ironie, voire même une moquerie sarcastique. Sois plus vigilant à l'avenir. Moi je veux continuer à travailler avec toi. Nous formons vraiment une bonne équipe. Ensemble, nous n'avons rien lâché sur les dernières traversées (négociations dans la réalité).

 

Jean-Eudes : J'ai bien compris la leçon. J'y veillerai à l'avenir. Tu peux compter sur moi.

 

Alors que le bâteau s'éloigne doucement, toutes ces péripéties ont attiré l'attention d'une colonie de manchots qui restent plantés là sur leur banquise. Ils s'établissent ainsi régulièrement dans des endroits où l'on « cause » pour se montrer. Ayant quelques notions de langue manchote, voici une bribe de discussion saisie au hasard et traduite pour vous :

 

Manchot 1 : Je trouve inacceptable que ce problème (la traversée ou bien plus réellement la gestion du stress) ne soit pas encore solutionné à notre époque. Au XXIème siècle, permettez-moi de vous dire que je trouve cela tout bonnement scandaleux.

 

Manchot 2 : Ta prise de position est osée mais elle t'honore. Je suis admiratif devant ton courage pour assumer tes opinions.

 

Manchot 3 : Mais ne pourrait-on pas parler plutôt d'une crise sociétale mal anticipée qui nous cause actuellement les plus grandes difficultés compte tenu du contexte de la mondialisation ?

 

Prenant conscience de sa hardiesse intempestive, le premier manchot se ravise.

 

Manchot 1 : Tu as raison. Je ne l'avais pas envisagé sous cet angle. Ton point de vue est intéressant. Il mérite qu'on en débate plus longuement.

 

Laissons entre eux ces adeptes du concensus mou qui semble aussi être partagé dans les terres arides de l'extrême sud par une armée de volatile au smoking bien ajusté.

 

Bon, on arrête là. Résultat de ce billet : il ne sert à rien. Beaucoup de texte pour ne rien dire et ne rien faire si ce n'est de s'enfoncer un peu plus dans l'absude.

Bien sûr, je tiens à dire que ces portraits ont été brossés en exagérant fortement le trait et surtout qu'ils ont été dressés sans méchanceté mais seulement avec une pointe d'ironie et une once d'humour pour se détendre un peu. J'ai beaucoup sourit en l'écrivant ; j'espère qu'il en a été de même pour vous en le lisant. Pour revenir à ces négociations qui doivent se clore normalement le 04/07/08, une chose quasi-certaine demeure cependant : nous ne sommes pas prêts d'arriver à Brest...


Au loin dans la foule, Charles-Henri entend qu'on l'appelle. Il voit arriver Jean-Eudes à son niveau tout essouflé :

Jean-Eudes : Ah, tu es là. Je te cherche partout depuis 5 minutes. Bernard est en train de dire à tout le monde que tu as subtilisé la boussole pour qu'on se perde en cours de route. Il faut que tu viennes, dit-il avec insistance.

Charles-Henri : Je vois que tout le monde est prêt. J'arrive...

Il lance un dernier regard vers l'horizon où se lève le soleil. Il prend une grande respiration comme un sportif avant l'entrée en compétition et part à grandes enjambées vers le local où se déroulent les discussions.

Charles-Henri : Je tiens à dire que ces attaques calomnieuses sont tout simplement i-nac-cep-ta-bles, vocifère-t-il l'index tendu et battant la mesure.

(Désolé, je sais, ce n'est pas bien, mais c'est trop bon ! Désolé...)
par James BROSSEAU publié dans : STRESS
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