Nous sommes conditionnés depuis notre plus tendre enfance par un système d'évaluation ô combien culpabilisant et frustrant. La pratique scolaire avec des
attributions de notes qui oscillent entre 0 et 20 en est la meilleure illustration. Elle se décline ensuite à différents niveaux tout au long de notre existence. Nous nous retrouvons ainsi
régulièrement dans des systèmes qui prennent leurs repères sur un continuum comprenant deux pôles : l'échec et le succès. Voyons de quoi il s'agit avec notre échelle de 0 à 20.
Les notes de 0 à 9 indiquent le niveau d'échec.
Les notes de 11 à 20 indiquent le niveau de succès.
Une zone neutre se situe entre les deux. Ni vraiment mal, ni vraiment bien, juste moyen.
Et là, nous touchons au coeur du problème. Les notes inférieures à 10 sont considérées comme de mauvaises notes (avec le discours qui l'accompagne « c'est
mal » d'où une dévalorisation) alors que celles supérieures à 10 sont admises comme étant de bonnes notes (avec le discours qui l'accompagne « c'est bien » qui correspond à une
valorisation – remarque : moins utilisée malgré tout car le « c'est bien » se transforme vite en « c'est normal »).
Nous venons de parler d'une pratique développée dans le système scolaire mais nous pouvons retrouver le même principe dans le monde du travail avec, certes, des
systèmes d'évaluation divers et variés mais revenant à ce schéma simpliste pour une très grande majorité. Nous sommes ainsi conditionné(e)s par ce tiraillement binaire : réussir ou échouer.
L'intensité arrive même dans certains cas à passer en second plan. Allons-nous être valorisé(e)s ou dévalorisé(e)s ? Là est la vrai question qui nous taraude régulièrement.
A bien y regarder de plus près, que gagnons-nous avec ce système ? Pas grand'chose à vrai dire si ce n'est des frustrations (quand on se trouve en situation
d'échec), des peurs (de se planter), de la compétition (être meilleur(e) que les autres quitte à leur marcher dessus s'il le faut), de la méfiance (quand on réussit par crainte de la jalousie des
autres), etc. Bof, pas génial tout ça...
ET QUOI ? QUE FAIRE ?
La critique est facile. Il est aisé de dire « ça, c'est nul » ou bien « ça ne vaut rien ». Si la démonstration s'arrête là, alors elle n'a
aucune valeur; elle ne représente rien puisqu'elle se contente juste de « démolir » quelque chose qui existe. La critique ne peut être acceptable que lorsqu'elle s'accompagne de
suggestions pour trouver d'autres solutions à étudier. Dès lors, pourquoi ne pas envisager dès à présent un système d'évaluation qui soit stimulant ? Découvrons-le ensemble...
Le système de notes que nous avons vu ci-dessus est indispensable mais il ne saurait se suffire à lui-même. Certes, des moyennes peuvent être calculées
mais elles sont loin de générer une quelconque motivation. Elles stoppent la dynamique en écrasant toutes les notes pour les réduire à une simple indication globale qui ne traduit pas forcément
la tendance de l'apprentissage. Pire encore, elles n'apportent que peu d'explication sur l'orientation des résultats de la personne en apprentissage. Ces moyennes ne sont bien souvent que des
coquilles vides. Une illustration pour s'en convaincre ? Nous sommes abreuvés en permanence de statistiques (moyennes en tout genre). Nous reconnaissons-nous vraiment au travers des chiffres qui
nous sont communiqués via les différents médias ? Le doute peut etre permis...
NOURRISSONS-NOUS DE PROGRESSION !
Quoi que nous fassions, la répétition d'une activité nous amène à progresser, et ce, quelque soit le niveau d'où nous partons. Seul le fait de ne rien faire nous
laisse sur place dans un état de stagnation qui finit par se transformer en appauvrissement personnel. Toute forme de régression nécessite que l'on s'intéresse à ce qui ne va pas (bien souvent la
solution se trouve au niveau de la motivation). Cette analyse ne doit pas avoir pour objet de frustrer davantage ( par humiliation, confrontation, sanction, etc. ) la personne en situation de
régression mais au contraire de lui donner les moyens de revenir à son meilleur niveau puis de l'accompagner pour chercher des voies de perfectionnement. Il peut s'agir parfois de
présenter l'activité sous un autre angle pour relancer la dynamique chez cette personne. Il suffit parfois de si peu...
Adopter un système d'évaluation de la progression chez une personne qui apprend, revient à lui insuffler une véritable dynamique positive et stimulante. Nous
pouvons toutes et tous adopter une démarche d'apprentissage dans tous les domaines de notre Vie en ayant pour leitmotiv :
Plus je pratique, plus je progresse. Plus je progresse, plus j'ai envie de pratiquer.
Nous entrons alors dans une spirale vertueuse qui nous enrichit considérablement. Non seulement cette orientation est très fortement stimulante, mais elle supprime,
de fait, la peur de l'échec. La motivation ne réside plus simplement dans la quête de la réussite. Elle se nourrit avant tout de notre envie de nous améliorer. Il faut bien avouer que passer d'un
système basé sur la peur (de l'échec ou de ne pas réussir) à celui d'une envie de progresser, c'est tentant, non !?
Utopique cette approche ? Peut-être... mais pas complètement. Certes, nous ne faisons pas toujours ce que nous aimons et ce qui nous motive. Mais tout de même... Si la proportion est en faveur
d'une dynamique de progression, alors nous prenons plaisir à ce que nous faisons, et là, nous avons toutes les chances d'être performant(e). La motivation accompagne et dope chacune de
nos activités. Dans le cas contraire, lorsque nous effectuons des tâches qui nous rebutent et/ou lorsque nous nous trouvons dans un contexte frustrant, nous nous positionnons alors sur la
défensive et sommes plus enclins à rendre coup pour coup dans un souci de rééquilibrage suite aux frustrations subies. La démotivation peut faire d'énormes ravages dans nos
existences. Notre Vie n'est qu'un vaste apprentissage. Dès lors, pourquoi ne pas nous donner les moyens de nous épanouir et nous enrichir à tout point de vue plutôt que de nous frustrer et
nous appauvrir ? Ce n'est juste qu'une question de choix.
La méthode SCRIPT-ACTION a été conçu selon ce schéma qui valorise la progression. Elle ne vous propose pas des solutions toutes faites à appliquer bêtement sans
réfléchir. Bien au contraire ; elle vous apprend à progresser par vous-même. Pour cela, elle vous invite tout d'abord à prendre en considération (et ce n'est pas juste une formule !) vos acquis,
vos forces et vos faiblesses. A partir de ce « stock » de compétences, ses concepts et outils vous amènent à progresser sans supprimer ou changer quoique ce soit mais elle vous propose
d'augmenter et d'enrichir facilement et agréablement votre « stock ». Ainsi, cette démarche d'épanouissement personnel durable est entièrement basée sur un apprentissage qui privilégie
votre progression. Rien d'exceptionnel en cela : n'est-ce pas là la vocation première de tout apprentissage : donner envie de progresser ?