Le thème du stress au travail a fait, fait et fera l'objet de nombreux articles et dossiers dans la presse
ou bien sur Internet. Pour autant, ceux qui peuvent se revendiquer comme étant des références s'avèrent peu nombreux.
Le dossier rédigé en Novembre 2005 par l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) fait partie de ces
références tant sur le fond que sur la forme.
Le texte est très accessible et les différents concepts sont expliqués simplement. Il est surtout très représentatif de tous les écrits qui peuvent être diffusés sur le thème du stress au
travail. Vous pouvez le consulter en cliquant sur l'image ou bien sur l'adresse ci-dessous :
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Dossier%20Stress/$File/Visu.html
Ce dossier est d'autant plus intéressant qu'il va vous permettre de mieux situer la méthode SCRIPT-ACTION par rapport à la tendance dominante observée chez les différents acteurs qui
interviennent sur le thème de la gestion du stress (que ce soit au travail ou en dehors).
Aussi, voici quelques commentaires et suggestions sur ce dossier à partir d'une lecture éclairée par la méthode SCRIPT-ACTION.
L'introduction présente bien la situation d'urgence pour s'intéresser à cette réalité au sein des entreprises et plus spécifiquement des entreprises françaises.
La définition de l'Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail est intéressante mais incomplète. En effet, elle indique :
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le stress "survient lorsqu'il y a déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu'elle a de ses propres
ressources pour y faire face. Bien que le processus d'évaluation des contraintes et des ressources soit d'ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas uniquement
de nature psychologique. Il affecte également la santé physique, le bien-être et la productivité."
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Cette définition est incomplète car elle considère uniquement les propres ressources de la personne (ce qui est considéré dans la méthode SCRIPT-ACTION comme les ressources internes). Il manque
les ressources externes que la personne peut gérer puisqu'elle est inévitablement intégrée dans un système. Chaque système comprend des ressources externes à gérer en parallèle des ressources
internes.
Malheureusement, on ne peut que regretter le grand retard la France sur le sujet qui reste encore souvent tabou. La politique de l'autruche atteint toujours (tôt ou tard) ses limites et le retour
à la réalité est souvent plus douloureuse.
La circulaire de la CNAMTS en est une affligente démonstration avec l'indication suivante : « même si la charge de la preuve incombe au salarié ». Ceci montre à quel point les
entreprises ne souhaitent pas assumer ce problème et l'envisagent exclusivement de manière négative. Cette stratégie est des plus suprenantes alors que toutes celles qui ont choisit de mettre en
place des solutions ont été valorisées par l'ensemble de leur personnel (qui voit dans cette démarche à la fois une reconnaissance et une véritable volonté d'améliorer les conditions de travail
chères à tous les salarié(e)s !).
Cette rubrique est particulièrement bien documentée et permet de mieux comprendre comment se traduit concrètement le stress dans le contexte professionnel.
Ce chapitre est très significatif car il reflète bien les limites de l'approche statistique et la volonté de vouloir modéliser quelque chose qui ne peut pas l'être (ou du moins sous cet angle).
Même si l'article précise « qu'il existe de fortes différences de perception entre les personnes qui y sont confrontées », il persiste tout de même à vouloir considérer que
« certains facteurs sont souvent identifiés, pour le plus grand nombre, comme « responsables » de l'état de stress ».
Les limites de l'approche statistique sont ici atteintes. Elle tente de généraliser en oubliant au passage un certain nombre de personnes victimes du stress. La gestion du stress (professionnel
ou non) ne peut s'envisager efficacement que sous l'angle personnel. Ce que vivent les victimes du stress n'a rien de statistique. C'est une réalité concrète et spécifique à chaque personne.
Ce qui nous amène à considérer que les modèles présentés dans le dossier sont pour le moins incomplets. D'un point de vue théorique, ils sont certes très intéressants mais sur un plan pratique,
quasi inexploitables.
Le modèle transactionnel du stress est certainement celui qui présente le plus d'ouverture mais on peut regretter qu'il n'aille pas suffisamment loin dans sa démarche. La méthode SCRIPT-ACTION
est parti de ce modèle où la personne se trouve au centre de l'approche du stress. A partir de ce point de départ, la méthode SCRIPT-ACTION a développé une approche concrète et personnalisable
pour toutes les personnes qui ne parviennent pas à gérer leur stress. Ainsi, à titre d'exemple, les solutions ne résident pas uniquement sur des stratégies centrées sur le problème ou les
émotions. Les stratégies sont envisagées de manière globales sur les axes intellectuel, opérationnel, relationnel émotionnel et corporel. De plus, en considérant que la personne fait parti d'un
système comprenant un environnement et des personnes qui l'entourent, la méthode SCRIPT-ACTION prend à la fois en compte la gestion des ressources internes mais aussi la gestion des ressources
externes (environnement et personnes impliquées dans l'épisode stressant). Cela a pour conséquence de diminuer de manière significative le sentiment de culpabilité des personnes qui souffrent du
stress. Nous ne sommes jamais seul(e)s. Pourquoi envisager la gestion du stress sous l'angle exclusif de la personne alors que son environnement et son entourage sont tout aussi importants ?
Un point essentiel de ce paragraphe concerne la relation qui existe entre la personnalité et le stress. Mais il s'agit pas de définir quelle caractéristique de personnalité est potentiellement
synonyme de stress. Cette vision est beaucoup trop limitée. Chaque profil de personnalité comprend un certain nombre de caractéristiques qui sont autant de portes ouvertes pour le stress. Ces
portes sont propres à chaque individu. C'est pourquoi la méthode SCRIPT-ACTION envisage un profil de stress qui découle directement du profil de personnalité de chacun(e).
La présentation de ces mécanismes au sein de ce dossier est vraiment pertinente et fort bien expliquée.
Elle montre bien que le stress n'est qu'une alerte qui se prolonge tant qu'une solution n'a pas été apportée pour trouver une issue à la situation de stress. Ce sont les résultats des
solutions apportées qui engendrent ensuite les phénomènes destructeurs que l'on identifient comme les révélateurs de stress.
Le stress correspond à une alerte et rien d'autre. Son rôle consiste à indiquer à l'organisme qu'il est en danger parce qu'il doit faire face à une menace impliquant des conséquences plus
ou moins désagréables. Mais il lui indique aussi ce qui est bon pour lui. Cette alerte marche dans les deux sens. C'est ce principe qui a malheureusement amené certains « spécialistes »
(encore aujourd'hui) à considérer qu'il y avait un bon et un mauvais stress. Nous l'avons vu dans les derniers modèles théoriques présentés dans le point précédent, il n'en est nullement
question. Ce postulat est depuis bien longtemps obsolète. Les stress fonctionne sur le principe d'un continuum qui navigue, en fonction d'un niveau d'intensité, entre un pôle positif avec des
conséquences agréables et un pôle négatifs aux conséquences désagréables.
Ce chapitre se passe de commentaire : il est très clair, simple dans sa présentation et décrit de manière exhaustive toutes les conséquences négatives et désagréables qui peuvent être engendrées
par une gestion de stress inadaptée et/ou inefficace. Il est simplement dommage de ne pas citer les bienfaits du stress lorsque celui est bien géré (qui existent pourtant bel et bien).
Quoiqu'il en soit, qu'il s'agisse des conséquences négatives et désagréables du stress ou bien de ses conséquence positives et agréables, la méthode SCRIPT-ACTION les utilise toutes pour amener
la personne qui la pratique à s'inscrire dans une démarche d'épanouissement personnel durable pour s'enrichir de toutes ses expériences de Vie.
On ne peut que le regretter : seul le coût (estimé entre 830 et 1656 millions d'Euros) amènera les entreprises en France à prendre en considération la gestion du stress dans leur organisation et
leur culture d'entreprise. C'est dommage...
A l'heure où de nombreuses entreprises françaises commencent à ressentir les effets de la pénurie de compétences (beaucoup d'offres d'emploi ne sont pas pourvues faute de candidat(e)s), il s'agit
là d'une occasion inespérée de fidéliser ses collaborateurs. De nombreuses enquêtes ont révélé que lors d'un recrutement, le bien-être au travail est l'un des critères prioritaires
dans le choix des salariés vis-à-vis de l'entreprise qui va les accueillir,. Certes, il y a le salaire, mais il ne fait pas tout. De plus en plus de salarié(e)s sont sensibles à la
politique sociale et aux conditions de travail.
Ils sont forcément insatisfaisants puisqu'ils ne s'appuient que sur des données statistiques dont nous avons pu voir les limites précédemment. Elles ne sont pas concrètes et se contentent
d'indications générales qui sont censées fonctionner dans toutes les entreprises. Les solutions toutes faites « clé-en-main » atteignent très vite leurs limites.
Rien n'est fait pour développer les compétences de chaque personne pour qu'elle apprenne à gérer son propre stress (et non un stress statistique qui ne la concerne pas directement).
Beaucoup reste à faire dans ce domaine avec des solutions pourtant si simples à mettre en place et ayant des répercussions positives sur le management. Profitons au passage pour souligner la plus
grande difficulté vécue au sein des entreprises en France : j'ai bien sûr cité le management. Sans trop entrer dans les détails, contentons-nous simplement de dire qu'il s'agit bien d'un
« puit sans fond » pour les cabinets de conseil qui ont encore de (très) nombreux beaux jours devant eux. Mêmes causes, mêmes effets : la volonté de modélisation de ce qui ne peut être
modélisable (tout du moins sous la forme choisie) conduit à des résultats médiocres sans cesse remis en cause. Invitation : pourquoi ne pas réfléchir aux causes plutôt qu'aux conséquences ?
(fermons cette petite parenthèse...)
Le cadre général est intéressant mais il ne va pas suffisamment loin. Les méthodes de prévention doivent aller au-delà de la simple considération de l'entreprise pour aller plus avant vers la
personne.
Les conditions nécessaires sont pertinentes mais apparaissent comme utopistes dans la vraie vie des entreprises en France aujourd'hui.
Combattre le risque à la source est effectivement indispensable. Prévenir vaut mieux que guérir. Pour autant, la situation est telle dans de nombreuses entreprises que l'on ne peut pas faire
autrement que de guérir dans un premier temps. Certes, par la suite, après guérison, il est souhaitable de prévenir toute rechute.
Les solutions proposées dans la rubrique « Renforcer la résistance au stress des salariés » ne concernent que des solutions toutes faites ou bien des solutions lourdes (type
psychothérapie) qui sont loin d'être neutres. Les premières ne se focalisent que sur les conséquences sans prendre en considération les causes. Les secondes opèrent des changements (modification
ou suppression) qui peuvent aussi créer d'autres déséquilibres. En effet, chacun(e) d'entre nous peut être assimilé(e) à un système avec de multiples caractéristiques en interaction les unes avec
les autres. Si l'on modifie et/ou supprime ne serait-ce qu'une caractéristique, ce changement risque d'entraîner des perturbations au niveau des autres caractéristiques. De plus, on isole la
personne en l'amenant à ses centrer sur elle-même. Quid de son environnement et de son entourage ? D'ailleurs, le dossier mentionne : « en revanche, ces actions ne s'attaquent pas aux
sources du problème, et leurs effets bénéfiques pourtant réels ne se maintiennent pas dans le temps. A moins de les associer à des actions plus en
amont... »
Aucune n'envisage la personne telle qu'elle est avec ses forces et ses faiblesses pour lui apprendre à se servir de ce dont elle dispose déjà. La démarche proposée par la méthode
SCRIPT-ACTION s'attache à gérer les causes et les conséquences du stress. De plus, la démarche est entièrement personnalisable pour apprendre à la personne à gérer son propre stress. La meilleure
illustration pour distinguer la méthode SCRIPT-ACTION des autres approches réside dans cette maxime :
Donne du poisson a un homme et il mangera aujourd'hui
Apprends-lui à pêcher et il mangera toute sa vie
La description des principales étapes d'une démarche de prévention de stress dans une entreprise sont d'un excellent niveau méthodologique.
Tous les liens « pour en savoir plus en quelques clics » et les « autres références bibliographiques »sont particulièrement
utiles pour bien aborder la question du stress au sein des entreprises.