Les négociations sont ouvertes depuis le 07/04/08 entre les partenaires sociaux et différents acteurs concernés pour transcrire en droit français
l'accord-cadre européen de 2004 sur la détection et la prévention du stress au travail. Le 05 juin dernier, un titre évocateur et plein d'optimisme indiquait « Négociation
constructive » à la une des Echos. Mais en lisant un peu l'article, ô stupeur, nous pouvons lire que cette équipe de travail n'a toujours pas défini ce à quoi correspond la notion de stress.
On croit rêver : deux mois de discussion pour ne pas se mettre d'accord sur la définition même d'un syndrôme connu et étudié depuis fort longtemps. C'est un peu comme si vous aviez un bâteau (le
projet en lui-même) en partance d'Ushuaia (ville bien connue désormais grâce à la célèbre émission éponyme animée par Nicolas HULOT – petite ville isolée, au climat rude et peu hospitalier,
fréquentée seulement par des marins chevronnés un peu téméraires, bref, une illustration idéale pour décrire la situation de la gestion du stress dans nos entreprises aujourd'hui en France) pour
rejoindre Brest. Pourquoi Brest ? Pourquoi pas. Au moins, ça se rapproche un peu de nous. Nous voici donc dans un bâteau (non pas une galère, pas encore) où l'on peut retrouver tout notre petit
monde cité ci-dessus : instances représentatives des principaux syndicats, du patronat et quelques structures directement concernées par le sujet (ANDRH, ANACT, INRS, 2 ou 3 psychiatres, des
spécialistes en organisation, etc.).
Soudain, le capitaine du navire (à supposer qu'il y en ait véritablement un) vient voir tout le monde en disant:
Capitaine : Je suis désolé, nous ne pouvons pas partir. Nous ne parvenons pas à démarrer le moteur, nous n'avons plus d'allumage
(l'allumage correspondant peu ou prou à l'éléboration de la définition du stress). Ce que je vous propose, c'est que parmi vous, il y ait des
volontaires pour se mettre à l'eau pour pousser notre embarcation. On va passer la seconde et dès que l'on aura atteint une vitesse suffisante, on mettra en prise mais il faudra pousser plus
vite (j'espère qu'à ce niveau de l'histoire, personne n'est dupe sur la solution trouvée : démarrer une voiture en passant la seconde, passe encore, mais un
bâteau... C'est bien là l'avantage de l'absurde, puisqu'on semble y être avec ce démarrage des négociations, amplifions quelque peu cette orientation).
Tout le monde acquiesce et applaudit à la solution trouvée pour pouvoir enfin larguer les amarres et prendre le large. Sauf qu'il faut maintenant
trouver des volontaires pour aller à l'eau (pas chaude de surcroît). Avec une vitesse déconcertante, voici nommés en quelques minutes par les responsables des instances représentatives, tout un
ensemble de petites mains (en l'occurence plutôt des petites jambes) à qui on a bien vendu l'idée qu'il s'agissait d'une mission importante qui compterait pour la suite de leur carrière au sein
du mouvement. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, notre bataillon de petites mains se retrouve en tenue de plongée, palmes aux pieds et prêts à se jeter à l'eau (sans jeu de mot
cette fois-ci).
La dernière volontaire passée par dessus bord (non sans réticence car souffrant d'une peur panique de l'eau), Bernard ne peut s'empêcher, réflexe
syndical oblige, de proposer :
Bernard : Je pense qu'il faudrait qu'on envisage une prime de palme pour ces travailleurs, comme il existe des primes de chaussures. Ils
participent activement à l'avancée collective.
Sylvain, un représentant d'un autre syndicat, n'ayant pas tout bien entendu, le reprend avec aplomb :
Sylvain : Je ne crois pas que ce soit le moment de nous disperser. Nous avons décidé de nous rendre à Brest, ne commençons pas à vouloir changer
de cap pour aller à Cannes. D'ailleurs, le festival est fini depuis longtemps et il n'est pas honnête de faire des promesses que nous ne serons pas en mesure de tenir. Et d'abord, la palme n'est
pas une prime, c'est un prix. Il n'y a pas d'argent à gagner. Nous pourrons tout aussi bien marquer le coup à Brest sans avoir besoin de passer par Cannes.
Jacqueline, la collègue de Sylvain, lui glisse à l'oreille :
Jacqueline : Moi, j'y serai bien allé à Cannes. Tu y es allé, toi, cette année ?
Sylvain se tourne vers Jacqueline en lui répondant à voix basse :
Sylvain : Bien sûr, comme tous les ans. Cette année, on a trouvé un petit terrain de camping à 55 kms seulement de Cannes. Nous étions dans un
petit bungalow avec de l'eau chaude tous les jours, à trois blocs des sanitaires et deux blocs de la barraque à frites. Avec ma femme, on a passé 15-jours-de-rêve !
Jacqueline : Et alors ? T'as vu des stars ?
Sylvain : Plein ! Tous les jours des nouvelles ! J'ai pris au moins 200 photos en 15 jours, de-la-folie ! On a même acheté Gala et
Voici pour savoir qui on avait pris en photo.
Jacqueline : Ouahhh ! Super ! Ta passion pour le cinéma m'émerveille toujours. Tu y vas combien de fois par an ?
Sylvain : Entre 3 et 4 fois. Tu sais, avec les enfants, ça revient plutôt cher. Ca va parce que le CE se débrouille pour nous avoir des prix,
sinon ce serait un luxe hors de notre portée.
Sylvain se met à rire en se rémémorant un épisode de son escapade cannoise :
Sylvain : Au fait, je t'ai pas dit : Le deuxième ou le troisième jour, je ne sais plus, il y avait un gros 4X4 de nanti garé bien en évidence à
quelques pas du palais. Je suis monté sur le toit pour prendre des photos. La vue était géniale. Au passage, je lui ai fait un remake de l'avenue des stars à Hollywood. Il a les empreintes de mes
Adidas bien inscrustées sur son toit.
Jacqueline : J'espère que tu n'as pas signé de ton nom ? Demande-t-elle avec un brun d'ironie et le regard espiègle.
Sylvain : Non, et c'est là le plus drôle. Avec ma clé de bungalow, plutôt que de dessiner une étoile, j'ai déssiné une enclume et je l'ai signée
Bernard D. Syndicaliste.
Jacqueline : Pourquoi une enclume ?
Sylvain : Je le trouve un peu lourd Bernard, pas toi ? Lui adresse-t-il le regard complice.
Le couple de se met à rire à gorge déployée. Voyant la scène sans pouvoir entendre les paroles échangées par Sylvain et Jacqueline, Bernard s'adresse
à son adjoint.
Bernard : Tu vois Maurice, je suis sûr qu'ils sont en train de se foutre de moi. J'ai bien compris la petite allusion avec la canne. Ca fait 15
jours que je boite et il ne trouve rien de mieux que de se moquer de moi.
Maurice : Oui, au fait, je l'ai remarqué aussi. Qu'est ce qui t'est arrivé ?
Bernard : C'était à Limoges lors de la dernière manif.
Maurice : Qu'est-ce qui s'est passé ?
Bernard : J'avais demandé à prendre une tête de manif ; tu comprends avec mes nouvelles responsabilités, il faut quand même que j'assure mon
rang. Il ne restait plus que Limoges. Toutes les autres têtes de manif étaient prises. Je me suis rabattu sur Limoges un peu contraint et forcé. Mais faut savoir ce qu'on veut dans la vie, pas
vrai ?
Maurice acquiesce d'un signe de la tête.
Bernard : Sauf qu'à Limoges, y avait pas un
journaliste. Jamais là quand on a besoin d'eux, ceux-là, dit-il avec amertume.
Maurice : Je ne vois pas le lien entre les
journalistes, la manif et ta jambe.
Bernard : C'est simple : quand il n'y pas de
journalistes, les forces de l'ordre ont moins de scrupules à charger.
Le regard un peu triste, il poursuit :
Bernard : Il ne se passait pas grand'chose
dans la manif. Quitte à être en tête de manif, j'ai pris l'initiative pour créer l'événement, faire que ça bouge un peu et j'ai alors crié « Direction la Préfecture, allez tous à la
Préfecture ».
Après quelques instants de silence et voyant le regard étonné de Maurice.
Bernard : C'était pas prévu dans le parcours.
Les forces de l'ordre ne l'ont pas bien pris et surtout n'ont pas voulu le comprendre. Ils ont chargé. Et quand ils chargent, c'est les 3 premiers rang de la manif qui trinquent. On a eu une
clavicule de cassée, un nez fracturé et moi ma jambe.
Maurice : Dur...
Bernard : Comme tu dis. Ils m'ont pris pour le
meneur. Y en a 2 qui sont venus avec leur bâton, tu sais celui avec une poignée sur le côté.
Maurice : Un tonfa.
Bernard : DO-FA ?! (encore un qui ne connaît rien à la musique de
Police).
Maurice : Non, ton-fa, s'applique-t-il en articulant distinctement.
Bernard : Oui, enfin peu importe : ils m'ont
roué de coups et j'en ai pris une bonne série sur la jambe droite. Depuis je boite. Alors quand je vois ces imbéciles qui se permettent de plaisanter avec ça, et ben moi, ça me révolte.
Maurice : J'te comprends. Pour moi ce serait
pareille.
Bernard : Aaaaahhhh, y veulent faire de
l'esprit ! Eh ben je vais leur en donner l'occasion. Je vais leur mettre un vote barrage à toutes leurs propositions sur ce coup-là, dit-il le menton avancé en direction de Sylvain et Jacqueline.
Un mur qui vont avoir en face d'eux. Et c'est pas une canne qui leur faudra pour passer par-dessus, c'est une PERCHE, dit-il d'un ton sec et bien appuyé. Je vais te les mettre au régime Galfione pour toute la traversée. On
verra bien s'ils vont continuer à faire les malins après ça. J'te leur en donnerais moi des cannes, bande de minus.
C'est alors que, surgis de nul part, se retrouvent sur le pont une équipe de DRH, de réprésentants
d'ANACT, de l'INRS et 2 ou 3 psychiatres un peu perdus, en bleu de travail, les vêtements et le visage noircis par différentes substances grasses de mécanique (normal, ils sont directement sur le
terrain). L'un d'eux prend la parole :
Mécano 1 : On peut vous proposer de mettre le
moteur en route en le lançant à la main (ce qui reviendrait, dans la vraie situation à envisager le problème sous l'angle des personnes
souffrant de stress et non en fonction des forces en présence dans cette négociation).
Une autre syndicaliste appartenant à un troisième mouvement prend la parole :
Murielle : Là, je pense que ce n'est vraiment
pas une bonne idée. C'est déjà assez compliqué comme ça. Inutile d'en rajouter. Nous gérons déjà parfaitement la situation.
Bernard : Je suis d'accord.
Jacqueline : Merci les gars mais vous allez
nous être plus utiles en huilant et graissant le moteur pour pas qu'il « tousse » et s'arrête dès le démarrage (c'est vrai qu'un peu de fluidifiant de communication, ça aide bien pour que le moteur ne cale pas en cours de route). Super ! C'est gentil tout de même d'y avoir pensé, dit-elle en
levant les deux pouces pour tenter de délivrer un signe de reconnaissance positif. Mais nous avons la situation bien en main. Pas
vrai les collègues ?
Et toutes les instances syndicales d'acquiescer ensemble pour se débarrasser au plus vite de ces
empêcheurs de tourner en rond.
Alors que le petit groupe, déçu de se voir remercié si rapidement, repart tête baissée à fond de cale
où se trouve les machines, surgissent deux hommes habillés de vêtements qui trahissent à la fois leur position sociale et leur aisance financière. Avec une bonne heure de retard, ils arrivent sur
le bâteau et se frayent un passage pour rejoindre leurs interlocuteurs privilégiés. Il prennent bien soin de ne pas entrer en contact avec les membres de l'équipe de « mécanos » afin de
ne pas se salir et conserver ainsi leur image soignée. L'un d'eux s'adresse au capitaine.
Charles-Henri : On m'a dit qu'il y avait un
problème avec la seconde. De quoi se plaignent-ils ? S'ils voulaient voyager en première, ils n'avaient qu'à travailler davantage. Ils le connaissent pourtant par coeur le slogan :
« Travailler plus pour gagner plus ». Ca nous coûte assez cher comme ça. Se retournant vers
son acolyte, il ajoute : De toute façon, c'est toujours les mêmes qui payent et toujours les mêmes qui ne sont jamais contents de
tous les efforts que nous faisons.
Sylvain le reprend aussitôt :
Sylvain : Oui, mais ça ne vous a pas coûté
bien cher ces dernières années. Vous en avez bien profité sans que ça vous coûte un rond !
Charles-Henri : Vous voyez,
s'adressant à Sylvain, il est là votre problème : vous polémiquez sur tout.
Sylvain : Et quoi ?! Finissez au moins votre
phrase. Allez jusqu'au fond de votre pensée.
Charles-Henri : Je viens de le faire, je ne
vois pas ce que vous voulez de plus.
Sylvain : Vous venez de me dire que
« moi, Paul et Mickey surtout » et vous ne finissez pas votre phrase. Vous, votre problème, c'est de ne jamais dire les choses clairement. On ne sait jamais à quoi s'en tenir avec vous.
Si vous étiez plus clairs dans vos explications, ça simplifierait la vie de tout le monde sur ce bâteau.
Les deux nouveaux arrivants se regardent ébahis sans savoir quoi répondre.
Jacqueline glisse à voix basse à Sylvain.
Jacqueline : Je crois que là, tu les as bien
scotchés. Regarde, ils ne savent plus quoi dire. Bien Sylvain, c'est un bon début, le félicite-t-elle
avec une tape amicale dans le dos.
Sylvain : Oui, je m'échauffe un peu. C'est
important de toujours bien s'échauffer avant une traversée (une négociation dans la vraie situation) comme celle-ci. Un manque d'échauffement et on risque non seulement d'obtenir des résultats mais pire encore, on risque de plomber notre image de
syndicaliste.
Jacqueline : Tu as raison. Ce serait vraiment
bête.
Nos deux nouveaux compères s'éloignent un peu pour pouvoir discuter tranquillement.
Charles-Henri : Je trouve que tu ne m'aides
pas beaucoup sur ce coup là, Jean-Eudes. Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment chez toi. Je te sens absent. As-tu des problèmes dont nous pourrions parler ?
Jean-Eudes : Non... Pas
vraiment... lâche-t-il avec hésitation.
Charles-Henri : Aux deux dernières réunions au
siège, tu n'es même pas venu. Il y avait Alexandra qui revenait des Maldives. Elle avait une mine superbe. Elle a d'ailleurs demandé de tes nouvelles.
Jean-Eudes : Mais n'y est-elle pas déjà allée
aux Maldives cette année ?
Charles-Henri : Non, tu confonds avec
Marie-Bénédicte. Tu vois, tu ne suis plus rien. Je suis inquiet. Les autres vont finir pas se poser des questions, dit-il le regard de plus en plus inquiet.
Jean-Eudes : Oui, je sais, ce n'est pas bien,
mais j'avais beaucoup de boulot ces derniers temps, dit-il l'air embarrassé.
Charles-Henri : Quoi ? Comment ça
? Le reprend-il d'un ton sec et en fronçant les sourcils.
Jean-Eudes : Oui... hésite-t-il prenant conscience de la gêne qu'il venait de provoquer chez son interlocuteur. J'ai des
problèmes avec cette résidence secondaire que nous faisons construire à Courchevel. Les travaux n'avancent pas. Ils viennent de me dire que la piscine intérieure n'est pas aux normes, il faut en
concevoir une plus petite. Et puis ils ne veulent pas qu'on abatte les arbres pour dégager la vue sur la montagne. Que des tracas. Et puis tu sais ce que c'est : quand on ne fait pas soi-même,
rien n'avance. Alors je fais sans cesse des aller-retours sur Courchevel pour superviser tout ça.
Charles-Henri : Tu me
rassures, dit-il avec un soupir de soulagement. Si ce n'est que ça, il suffit
juste que tu nous le dises et puis nous n'en parlerons plus. Nous avons tous nos moments de faiblesse, lance-t-il en s'esclaffant et en se renvoyant en arrière.
Jean-Eudes fait de même en forçant un peu son rire (passe encore pour une bourde mais attention de ne
pas en commettre une deuxième d'afillée). Il se met à l'arrière du bâteau et arrangue les petites mains qui tentent de faire prendre de la vitesse au bâteau en battant des pieds (les connaisseurs
apprécieront : les petites mains qui battent des pieds...).
Jean-Eudes : Bon ! Oh !
S'écrit-il. Va falloir prendre un peu de vitesse, là, hein ? Plus grands les battements, je
vois pas d'écume derrière. Allez hop, hop, hop, leur crie-t-il en indiquant bras tendus le rythme qu'il souhaite qu'ils prennent.
C'est pas vrai ça ! Si on ne surveille pas, rien ne se fait correctement,
lance-t-il à qui veut bien l'entendre.
Charles-Henri : Je te retrouve enfin. Tu m'as
fait peur tout à l'heure, lui dit-il avec un large sourire au plaisir de retrouver l'image du collègue qui lui est
familière.
Après avoir jeté un oeil au changement de rythme des nageurs d'infortune, il reprend:
Charles-Henri : Tu sais, il faut que tu fasses
plus attention à ce que tu dis. Ce que tu as dit tout à l'heure, ça pourrait être mal interprété au siège. Il y en a qui prendrait ce genre de réponse pour de l'ironie, voire même une moquerie
sarcastique. Sois plus vigilant à l'avenir. Moi je veux continuer à travailler avec toi. Nous formons vraiment une bonne équipe. Ensemble, nous n'avons rien lâché sur les dernières
traversées (négociations dans la réalité).
Jean-Eudes : J'ai bien compris la leçon. J'y
veillerai à l'avenir. Tu peux compter sur moi.
Alors que le bâteau s'éloigne doucement, toutes ces péripéties ont attiré l'attention d'une colonie de
manchots qui restent plantés là sur leur banquise. Ils s'établissent ainsi régulièrement dans des endroits où l'on « cause » pour se montrer. Ayant quelques notions de langue manchote,
voici une bribe de discussion saisie au hasard et traduite pour vous :
Manchot 1 : Je trouve inacceptable que ce
problème (la traversée ou bien plus réellement la gestion du stress) ne soit pas
encore solutionné à notre époque. Au XXIème siècle, permettez-moi de vous dire que je trouve cela tout bonnement scandaleux.
Manchot 2 : Ta prise de position est osée mais
elle t'honore. Je suis admiratif devant ton courage pour assumer tes opinions.
Manchot 3 : Mais ne pourrait-on pas parler
plutôt d'une crise sociétale mal anticipée qui nous cause actuellement les plus grandes difficultés compte tenu du contexte de la mondialisation ?
Prenant conscience de sa hardiesse intempestive, le premier manchot se ravise.
Manchot 1 : Tu as raison. Je ne l'avais pas
envisagé sous cet angle. Ton point de vue est intéressant. Il mérite qu'on en débate plus longuement.
Laissons entre eux ces adeptes du concensus mou qui semble aussi être partagé dans les terres arides de l'extrême
sud par une armée de volatile au smoking bien ajusté.
Bon, on arrête là. Résultat de ce billet : il ne sert à rien. Beaucoup de texte pour ne rien dire et ne
rien faire si ce n'est de s'enfoncer un peu plus dans l'absude.
Bien sûr, je tiens à dire que ces portraits ont été brossés en exagérant fortement le trait et surtout
qu'ils ont été dressés sans méchanceté mais seulement avec une pointe d'ironie et une once d'humour pour se détendre un peu. J'ai beaucoup sourit en l'écrivant ; j'espère qu'il en a été de même
pour vous en le lisant. Pour revenir à ces négociations qui doivent se clore normalement le 04/07/08, une chose quasi-certaine demeure cependant : nous ne sommes pas prêts d'arriver à
Brest...
Au loin dans la foule, Charles-Henri entend qu'on l'appelle. Il voit arriver Jean-Eudes à son niveau tout essouflé :
Jean-Eudes :
Ah, tu es là. Je te cherche partout depuis 5 minutes. Bernard est en train de dire à tout le monde que tu as subtilisé la boussole pour qu'on se perde en cours de route. Il faut
que tu viennes, dit-il avec insistance.
Charles-Henri :
Je vois que tout le monde est prêt. J'arrive...
Il lance un dernier regard vers l'horizon où se lève le soleil. Il prend une grande respiration comme un sportif avant l'entrée en compétition et part à grandes enjambées vers le local où
se déroulent les discussions.
Charles-Henri :
Je tiens à dire que ces attaques calomnieuses sont tout simplement i-nac-cep-ta-bles, vocifère-t-il l'index tendu et battant la mesure.
(Désolé, je sais, ce n'est pas bien, mais c'est trop bon ! Désolé...)